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Feuilles de souvenirs

Tuesday, November 28, 2006

Ce jour là, je suis restée un long moment à observer le marronnier, pensant à rien.
Un bruit de train se fait entendre de loin. Il me rappelle ces longs voyages que je faisais en sillonnant le pays. Cette sensation singulière de rêvasser en regardant les paysages défiler devant mes yeux, en me sentant immobile, figée, alors que l’espace et le temps s’enfuyaient en sens inverse.
Le cœur et l’esprit était tellement légers que jamais je n’avais senti la moindre crainte de voir arriver le train, ou pire, de constater que l’espace et le temps étaient fatigués de courir l’un derrière l’autre devant mes yeux indifférents.
On m’avait appelé un jour « l’artiste » et ça avait éveillé en moi des souvenirs de jeunesse, des méandres d’un esprit clair, à l’heure actuelle, égaré. Les enjouements de la vie et les rires d’une jeune femme heureuse.
Un tableau d’un visage déconfis. Une peinture décomposée comme le sont aujourd’hui les traits de mon passé et d’un avenir incertain. Un future que j’aurais voulu habiller d’une robe de deuil pour voir enfin la fin du tunnel, mais qu’en cet instant précis je voudrais tellement recouvrir d’un habit de roses et de lumières. Me relever, sortir de cet asile, d’abord celui de mes murs et ensuite cet autre de la vie, de Lydia.
Lydia cette enfant femmes qui, elle, a préféré se réfugier dans cette chaleureuse tendresse qu’évoque l’enfance. La légèreté, la sensation du bonheur par un simple jeu insignifiant.
Je pourrais me relever là maintenant, aller voir un médecin et lui expliquer que je voudrais vivre. Retrouver des marronniers libres dans un jardin où des enfants crieraient de joies ou de faim. Courir sur une plage les pieds nus pour sentir la tiédeur du sable et avoir peur de la vague. Regarder un beau tableau et le voir. Et le soir venant, quand le sombre voile de la nuit déshabille les pudeurs, me retrouver dans les bras d’un amant.
Je resterais ici tout au plus quelques semaines pour passer et repasser tous les examens psychiques en vigueur et je me retrouverai déjà devant les réalités et les rêves d’une vie qui ressemblerait à celles des autres ou peut être serait complètement insolite.
Mais il est encore trop tôt !
Il se pourrait que cette envie nouvelle de renaitre ne soit que passagère. Il se pourrait que l’asile puisse me manquer, Lydia et tous les autres qui peuplent ses nuits de gémissements incertains et ses journées de sourires improbables.
J’ai envie de sourire, bêtement je le concède, car aucune raison ne me porterait à le faire. J’ai envie aussi de me relever de cette contemplation et d’aller toucher les feuilles de l’arbre, les caresser, les humer et partager cette sensation de vie qu’elles exaltent.
Au toucher elles sont tendres et fragiles, quoique de loin elles donnent cette impression de force, de vigueur, d’immortalité. Les feuilles du marronnier me rappellent cette feuille blanche sur laquelle j’avais écrit dans une autre vie « je graverais ici mes souvenirs, les bons et les mauvais, tels que rien ni personne ne puisse me les faire oublier ».
Les souvenirs. Ceux d’une enfance en mal de vivre, mais heureuse. Ceux d’une jeunesse épanouie mais fugace. Ceux de la jeune femme fragile que je n’aurais jamais du abandonner au désarroi de la solitude.
Une peur me saisi subitement. J’ai peur d’oublier cette lumière claire du matin qui me conjure de la rejoindre. J’ai peur de voir s’arrêter le train dans une gare où personne ne m’attendrait…

  1. Anonymous Anonymous said:

    Tu te fais attendre Houda, mais ca en vaut le cout. c tt simplememnt sublime.


    Une habituée qui passe en silence, et je ne suis pas la seule.

    Vas y continue, et n'arrêtes surtout pas. We wait ...

  1. Anonymous Anonymous said:

    Au départ, la décision de la naratrice étais plutôt choquante. Mais à force de s'y habituer,on se sent mnt un peu déçu à l'idée qu'elle puisse renoncer à son ultime marche vers une fin imminente et nous priver ainsi de découvrir le sentier.


    L'habituée

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