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Sous le marronnier

Friday, September 15, 2006








En attendant ce moment dont l’idée me remplie d’une joie mystérieuse, je continue à vouloir partager mes derniers jours à l’asile, dans cette vie maladroite et sotte, avec Lydia, son sourire, son secret…

Lydia, un brin de fraîcheur que j’ai appris à connaître au fil des jours, journées monotones et froides, égayées seulement par l’attente de la mort et son sourire.

La première fois qu’elle ait eu le courage de m’adresser la parole, ce fut sous l’ombre généreuse d’un grand marronnier. Elle s’était approchée avec cette timidité consternante d’une enfant perdue, elle a murmuré un semblant de « bonjour » et s’est assise à ma droite.

Nous étions seules sur ce banc blanc, qui évoquait d’ailleurs le blanc de nos chambres, de nos vies, isolées du monde et flottant aux seuls rythmes de nos respirations raccordées.

Elle ne dit rien d’autre, moi non plus d’ailleurs.

Nous restâmes ainsi un long moment, assises côte à côte, silencieuses, moi faisant semblant d’être absorbée par ma lecture, elle, engloutie dans son univers.

La scène se reproduit tous les jours à la même heure, sous le même arbre, sans qu’elle ne se décide à me parler.

Je vécu cette complicité intime, silencieuse, avec un plaisir qui augmentait de jour en jour. J’attendais Lydia, le sourire timide de Lydia, sa respiration calme qui rejouait la mienne.

Les mains nues

Tuesday, September 12, 2006












mains & fibres - Olivia Bonnal-Sansoni


Elle fût la première personne qui attira mon attention dans cet asile où femmes et hommes marchent à longueur de journée dans des couloirs vides. Jamais deux personnes n’arrivent à se croiser dans un des innombrables couloirs qui font de l’asile un véritable labyrinthe.

Je fût, pour ainsi dire, désoeuvrée d’observer leurs allées et venues, des fois même ennuyée, éprouvée, dégoûtée…

Je crus reconnaître, ce qui est invraisemblable, des visages de mon passé. Un passé que je croyais enterré à jamais depuis que j’avais décidé de mon devenir. Un passé qui revient souvent peupler mes rêves de voix, d’images et de mains nues.

Les mains nues me rappellent, au réveil, les mains des dentistes, pourtant souvent gantées. Je ne retrouve pas d’explication à ces rêves de mains nues. Elles bougent d’ailleurs beaucoup et je ne distingue que des reproductions floues ou des ombres de ce qui devait être des mains nues.

Mais là n’est pas le plus important. Au réveil, je suis souvent en sueur, ma tête est dans un brouillard pesant et mes mains ne ressemblent en rien à celles d’hier. J’ai commencé à me poser des questions par rapport à ces sensations étranges. J’ai posé la question aussi à mon médecin.

- « Il ne faudrait pas vous en faire, c’est une réaction normale aux médicaments. »

Ce que le médecin ignorait c’est que je n’en ai jamais pris de ces pilules colorées. J’ai toujours trouvé le moyen de les jeter de derrière le dos de l’infirmière. Je ne suis pas malade. Je suis même complètement consciente de mon état psychique, de mon envie de rejoindre le néant…

Lydia

Thursday, September 07, 2006









Lydia est une fille plutôt sympathique. La douceur dont regorgent ses yeux et ses mains moites au contact de celles des autres, donnent l’impression qu’elle n’est pas une jeune femme de 28 ans, mais plutôt une enfant timide et parfois tellement distante qu’on la confondrait avec son ombre.

Elle venait souvent errer devant ma fenêtre les jours de grand soleil, ou alors elle se bornait à passer et repasser des milliers de fois devant la porte entrouverte de ma chambre en y jetant des regards furtifs.

J’ai maintes fois interrogé les infirmières à son sujet car ses regards intensifs m’agacent plus qu’ils ne m’intriguent. Je ne supporte pas de voir les autres m’épier, encore moins quand je suis vêtue d’une vulgaire chemise blanche, cousue dans un tissu à serviettes. Je me sens, et c’est le moins qu’on puisse dire, telle un vieux torchon, on sait qu’il a servi, qu’il pourrait encore servir, mais on se moque fichtrement de connaître son sort. D’ailleurs, je m’en moque moi-même, puisque quelque soit le destin qui m’est réservé, il ne vaincra jamais ma mort espérée.

Revenons-en à Lydia.

Les infirmières n’aiment guère papoter. Elles sont par moment inhumaines avec leur façon robotique de préparer les injections et de vous servir des pilules colorées. Et pourtant elles se laissent aller à la méchanceté de raconter avec mépris, des fois même avec une certaine satisfaction interne, les malheurs d’autrui.

Lydia est une enfant qui n’a jamais pu grandir, malgré le concours des médecins, malgré ses efforts propres. Elle était entrée à l’asile à l’âge de 9 ans pour des troubles de comportement, avait-on diagnostiqué à l’époque. Depuis…plus rien.

Lydia était rentrée à l’asile et elle y est restée. Personne ne sait pourquoi. Personne ne pourrait dire jusqu’à quand, mais tous savaient qu’elle est encore là pour longtemps pour la simple raison que personne dehors ne venait la chercher.

Lydia reste l’orpheline, la petite fille, la douceur ombragée, l’ombre insaisissable de l’asile...