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La nuit

Sunday, November 04, 2007




















« Je ne me souviens ni du passé lointain ni d’hier. Je me rappelle les visages, les noms, les gestes d’affection et même les regards de pitié. Ma mémoire ne retient que des moments instantanés qui ont marqué les autres. Je reste en dehors de ce qu’ils vivent. Je le regrette peut être un peu…

J’aurais bien voulu percevoir autre chose que leurs craintes. Les miennes se nourrissent des leurs et j’en éprouve toujours une grande peur.

Une peur d’être face à un être chagriné.

Je fuis.

Je fuis dans la blancheur du matin.

Il fait tellement sombre le soir, dans leurs cœurs, au-delà du souvenir.

Je fuis aujourd’hui…comme jadis j’avais fuis la quiétude d’une mer traitresse.

Je voudrais rester une enfant, voir le monde avec ce regard d’enfant qui fuit les recoins sombres et aspire à la lumière…sans peut être jamais avoir à y être.

J’ai peur de la nuit. »

Le soleil déclinait vers l'horizon et Lydia s’éloignait…

Elle était venue me retrouver sous le marronnier. Elle est restée silencieuse un long moment. Nous avons admiré ensemble l’ombre de plus en plus majestueuse de l’arbre. Elle a raconté ses craintes, m’a souri et est partie…

Moi aussi Lydia. J’ai peur de la nuit…





Eternelle enfant

Saturday, November 03, 2007







Je suis allée chercher dans les annales. Dans les souvenirs des vieux pensionnaires de l’asile.

Ceux qui avaient vu Lydia arriver il y’a plus de 15 ans en gardent un souvenir plus ou moins flou. Ils n’arrivent pas à se remémorer qui venait lui rendre visite, ni même son image toute petite, sa chevelure, ses habits…mais tous se rappellent très bien qu’elle n’a pas beaucoup changé depuis. Toujours seule. Toujours à sourire pour tous mais aussi pour le vide, les fenêtres et les marronniers.

Une infirmière qui aime papoter avec les pensionnaires me dit une fois que Lydia avait été trouvée sur le bord d’une rivière, en pyjama, l’esprit dans le vide.

On l’avait ramené à l’asile sans avoir réussi à lui extirper une seule information utile si ce n’est un prénom : Lydia. Personne d’ailleurs ne sait si c’est vraiment son prénom, ou si elle l’avait tout bonnement inventé ou repêché d’un souvenir lointain. Les recherches de police n’avaient abouti à rien et les annonces dans les journaux fussent vaines.

J’ai décidé alors d’accepter Lydia telle qu’elle était. Ne plus chercher à connaitre son passé ni à fouiner dans les méandres de ses souvenirs.

Telle était Lydia, une image de ce qu’on voudrait être, femme à jamais enfant, humaine et démon solitaire, histoire intemporelle et éternel sourire.

Et pourtant, un jour elle se dévoila, avec le naturel qui était le sien, avec cette spontanéité consternante de celui qui joue du destin tel le vent des feuilles du marronnier…